Cotiella, versant nord, entre instrumentation et exploration
21 et 22 juillet, Stoche, Coco et Ramon le jeudi.
Le massif du Cotiella est instrumenté au niveau des résurgences de l’Irués avec des sondes dans le but de quantifier le volume d’eau restitué par ce karst de haute montagne.
Ce volume est directement conditionné par les précipitations sous forme de pluie et de neige de décembre à avril. La sublimation de la neige en versant Est (Armeña) est importante, quasiment 100% selon les années pendant cette dernière période.
Depuis deux ans, sur le versant nord cette fois, une station AIR est opérationnelle sous le pic de Monticiello. Elle a collecté cette année près de 36% de précipitations en moins que son homologue de versant Est. La disparité des cumuls à la même altitude est surprenante et la comparaison entre les cumuls infiltrés sur les sites respectifs des stations SOL apportera certainement des éléments intéressants pour mieux comprendre le fonctionnement des résurgences à l’échelle du grand massif. La précision des mesures pourrait permettre d’estimer la surface du bassin d’alimentation des résurgences du ravin de Fornos.
Le but de la première journée du raid était de confirmer le site entrevu en octobre 2020, et d’installer le pluvio-thermomètre SOL de Monticiello à 2200 m d’alt. (identique à celle d’Armeña).
Arrivés la veille au soir sous un orage rafraîchissant, le duo carcassonnais (accompagné de la vaillante Paty) passe la première nuit dans la cabane de Lavasar. Le lendemain, encore à la fraîche, les 400 m de dénivelés sont franchis, lourdement chargés. L’anfractuosité précédemment repérée est validée et les travaux d’aménagement commencent sans tarder. Ils sont aidés par quelques évènements bruyants qui ont terrorisé la brave Paty. Assez rapidement, les travaux de terrassement sont terminés et le berceau du pluvio-thermomètre est mis en place, les enregistreurs sont activés. Ceux de la station voisine AIR sont relevés, le fonctionnement sans incident permet de charger les données de hauteur de pluie, de température et de l’hygrométrie de l’air depuis le 17 octobre 2020.
C’est ensuite un pèlerinage sur les hauteurs du sillon glaciaire de Baticiellas où se sont déroulés de nombreux camps et expéditions du GS Languedoc de 2005 à 2007 dont notamment la découverte des C166 (-455 m), C118 (-360 m). Le paysage sauvage est à couper le souffle.
Nous avons regretté l'absence de Marie, intégrés dans une végétation multicolore, entourés de papillons aussi magnifiques les uns que les autres.
De retour au refuge, la fin de journée est passée à tenter en vain de se protéger de myriades de moustiques voraces, que même la nuit tombante ne décourageait pas. Depuis plus d’une décennie de séjour en ces lieux, jamais une telle invasion n’avait été remarquée.
Le lendemain, rejoint par le Catalan Ramon, même périple avec la grotte C35 redécouverte en 2018 aux abords de Monticiello, ayant la particularité de présenter un développement important relatif à l’altitude (≈ 300 m, -60m), rarissime pour ne pas dire unique pour le massif, attestant d’une genèse beaucoup plus ancienne que le drainage actuel. De plus, des baguettes de gours en quantité importante et en gisements largement étendus sont observées, les classant certainement comme les « pool-fingers » connus les plus hauts d’Europe. Le but était de finir de lever la topographie inédite de cette cavité et de tirer quelques clichés remarquables. Beaucoup trop ambitieux pour une équipe de vétérans lourdement chargés, les indications trop floues d’une exploration en 2020 n’ont pas permis un succès complet : les photos sont rares et peu caractéristiques des lieux, l’exploration s’est arrêtée en haut d’un dernier (?) puits d’une dizaine de mètre par manque de cordes.
Nous souhaiterions terminer ce levé en septembre avec quelques jeunes éléments fougueux, le raid serait cette fois facilité par notre travail d’équipement d’hier.







