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Spéléo Corbières Minervois
Spéléo Corbières Minervois
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19 septembre 2020

Mille Feuille et compagnie au fond

C’est une belle attaque que nous menons au Mille Feuille ce Samedi avec pour 7 participants, 3 équipes distinctes toutes autonomes pour la désob (vous l’aurez compris grâce au CR de Marie). Tout est prêt la veille et déjà enkité, une telle rigueur est rare dans le 65. Nous essayons effectivement de faire bonne figure histoire de spolier un peu de matériel Audois en douce pour le SCMazouau.

 

L'entreprise est complexe mais on s’en sort tout de même avec quelques forêts et de nouveaux arguments pour parlementer avec la roche! Malheureusement pour Maël dit Distoboy, le DistoX nous a échappé pendant la bataille.. nous ne pourrons malheureusement plus prendre le temps de topoter avec Adrien, vous imaginez notre déception! Notons qu’à un certain moment Marie nous invite à prendre un foret court de 8mn pour amorcer les forages, offre que nous déclinons en rigolant. José nous propose ensuite des goujons et c’est avec peu d’espoir de les utiliser que nous les prenons, sans même regarder le contenu de la trousse d’équipement.

Bref, armés de 4x4 (ce qui change de la Clio, Kangoo et Expert) on part à l’assaut de la ferme des Anglais pour se garer au plus près après de grandes négociations pour savoir qui devra ouvrir et fermer la barrière. Organisation scientifique du matériel et on décolle pour la terrible marche d’approche du Mille Feuille qui n’est en fait que 200m de dénivelé pour 800m de marche. Les jeunes devant avec Cut et Gounel devant, ça tchache tranquillement. Le reste de l’équipe ne traîne pas non plus et arrive quelques minutes après nous.. on espère être aussi coriaces en 2060! Fine réorganisation du matériel et quelques rigolades plus tard les équipes se séparent et on descends enfin dans le trou, il est 10h (je crois).

 

Devant avec Adrien, on choisi de descendre tranquillement en prenant la voie historique (oui j’ai bien dit historique) par le P40. Gounel et Cut sont derrière et pour se laisser plus de place ils passent par la Gounel Express (Gounel ayant décrété que cet itinéraire était moins boueux, on sent du favoritisme de la part de l’ouvreur), on les retrouve en bas et on les invite à dépoiler leur bodard avant d’attaquer le méandre. Ca ne leur fait pas peur et ils y s’y lancent tels quels, c’est courageux. On leur explique bien les deux trois subtilités à savoir pour les passages scabreux, et ils emboîtent le pas. Franchement il talonnent très fort derrière nous, ça râle certes pas mal mais ça ne traîne pas du tout. On s’en extirpe et après quelques couinements on entends Gounel hurler, on se dit qu’il y a un soucis, mais non il est juste heureux d’être passé de l’autre côté! Bon pour eux ça n’a été qu’une désagréable formalité, on les laisse s’occuper du boyau terminal du méandre et on se barre au fond lui faire sa fête.

 

Arrivés au fond après avoir descendus les nouveaux puits (4 ou 5, et ouais), un peu marché (si, si!) et désescaladé (une corde là? baaaaa poukoifaire?) on s’attelle à notre besogne. Le méandre est bien maigre et fait vraiment des zig-zag, ça s’annonce complexe mais la zone ou nous somme est très confortable. On décide de prendre large, dès le premier trou la cutine (poussière du forage) se fait aspirer nettement.. de quoi bien motiver. Les nouveaux systèmes de parlementations marchent très, très, bien, trop bien même dans cette roche mais on ne va pas s’en plaindre. On entends de temps en temps le grondement sourd de ceux qui travaillent au dessus, ça nous fait bien marrer et on leur réponds dès qu’on peut. Très vite on est bien rentré dans l’étroit, un coup à gauche un coup à droite et l'écho se fait sentir fortement, on est maintenant certain qu’il est après l’étroit et non en l’amont. Il semble finalement à Adrien que la suite s'agrandit en face de nous, on s’autorise donc à lancer un cailloux qui après avoir cogné sur les parois du méandre ne tombe pas à nos pieds.. mais bien 10m plus bas. Une tête de puits est là, décidément bien plus proche que prévu, elle est vite attente. Encore un ou deux aménagement de confort, nous en sommes à 9 parlementations je crois et je me lance à l’équipement!

Merci José d’avoir insisté pour qu’on prenne deux goujons, on avait (optimistement) laissé une corde de 20m au fond, impeccable. Adri me file tout, je suis en mauvaise oppo/étroiture au dessus d’un puits d’environ 10m et je tâche de rien faire tomb.. ok bon le burin fait la première avant nous. Je trouve le foret dans la trousse et, hein? il est bien fin.. c’est du 6! Pas grave on a le foret de 8mnx400mn, vous imaginez que la tête de puits est quand même étroite, qu’on a que deux points (du coup pas de main courante soit opposition) et que donc, je pinaille pour poser les points car le perfo ne passe nulle part avec ses 65cm de long à cause du foret. J’ai peu de choix, c’est pas du grand art mais ça ira. Quand je termine d'installer la corde j’entends Adri qui rigole avec Cut et Gounel qui nous signalent notre odeur de fauve et de tabac. Ils viennent de terminer d’agrandir le boyaux et sont venu nous rejoindre comme prévu, la suite du trou semble leur avoir bien plus “C’est magnifique, de la vrai spéléo!”. On leur dit évidemment que ça cutte, vu l’écho il ne nous croient évidemment pas.

 

Bref, on descends tous les quatres. Le puits est joli, environ 2/3m de diamètre et il s’ovalise à mesure que l’on descends, d’abord dans la sombre roche mère puis ensuite immaculé d’une couche fossile très claire (comme sur les blocs à la base des premiers puits). Une grosse coulée de calcite la compose, en rive gauche et vient lécher la paroie jusqu’en bas du puits, ou se trouve un autre ressaut de 2/3m. On envoie Gounel et Cut pour une première, décrétant que les Audois n’en font pas beaucoup et qu’il est important qu’ils profitent aussi des joies Pyrénéennes. Bon la première est de courte durée car la progression s’arrête juste après le ressaut, typique du trou, en méandre bien étroit. Cut tente un petit pendule, en vain, ce n’est qu’une alcôve au dessus.  Gounel très en canne s’enfile voir plus loin, ce n’est pas extrême il en faudrait peu pour pouvoir passer tel-quel. Adrien va jeter un coup d’oeil, et confirme, vue sur méandre à banquette pas si extrême qu’au dessus. L’air y est très faible mais net, il y a de l'écho mais difficile pour le moment de dire si il vient de la suite ou de l’amont. Donc, nous ne connaîtrons que la prochaine fois la dimension du chantier, peut être une demi séance peut être dix, c’est le jeu ici. Vu l’écho on devrait quand même tomber sur un autre puits assez vite.
Le sourire au lèvre et impatient d’annoncer la nouvelle aux autres, on remonte tranquillement. C’est plus dur de remonter dans le méandre  que d’y descendre, Cut et Gounel s’en rendent vite compte, c’est pas facile mais ça le fait... faudra par contre vite humaniser ces passages. On se sépare au niveau des puits pour retrouver Marie au carrefour del Tejon, bon timing. Elle vient d'échapper à un pavé que José a (je pense) intentionnellement tenté d’envoyer pour récupérer un lot de matériel complet pour le 65. C’est bien joué dommage que ça ai loupé. On se rejoint tous dehors et on les laisse décoller le temps de cramer une cigarette syndicale avec Adri, pour retrouver tout le reste de l’équipe en train de regarder Gounel s’acharner sur un micro trou sur la marche d’approche. Le moindre interstice les fascine, ils ont vraiment une détermination solide, ces Audois..

Merci à tous d’être venu avec nous au Mille Feuille, ça fait vraiment plaisir d’y voir du monde. Bravo à tous pour les travaux accomplis, gros respect d’avoir encore autant de force et de motivation. En espérant vous voir bientôt tous au fond (qui sera d’ici là à.. aller disons -300m), et merci pour vos agrandissement qui nous feront penser à vous à chaques aller-retours.

Bon j’ai mis une semaine avant de me décider à écrire ce CR, j’en ai quand même 2 autres de retards. Retour à l’Oueil de la Bau et retour aux Cots 5, promis ça viendra… quand ça viendra!

Trop gourmant avant d'attendre le puitsCut en bas du nouveau puitsLe nouveau puits vu du palier en dessousGounel descends le ressaut après le puits en première

Commentaires
J
Bonjour, Je vois que ça progresse toujours ! C'est une belle aventure que ce mille feuilles.<br /> <br /> Si j'ai bien compris, si j'y reviens, je devrai pouvoir passer le boyau ou j'avais fait demi tour la fois précédente!<br /> <br /> A bientôt
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G
Un régal de faire cette explo avec vous tous. Un peu rude tout de même après plus de 6 mois sans spéléo. Vivement la suite !
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E
Belle explo ! Bientôt un affluent de collecté et c'est parti... Le point bas atteint est combien au-dessus du niveau de base ? Vivement le prochain épisode !
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J
ça c'est du CR c'est mieux que les photos . Putain j'ai commencé un régime la prochaine fois je vous suis au fond. ( mais oui c'est bon les bananes.)<br /> <br /> Bravo au SCM toutes génerations confondues.
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S
Superbe récit et en plus j'y étais, ce qui n'arrange rien à l'affaire mais fait bien plaisir. On espère pouvoir revenir pour continuer la mise au gabarit et voir enfin ce fameux fond qui ne fait que s'éloigner à mesure que l'on s'en rapproche.
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S
Un plaisir de te lire, Damien, même quand on connaît déjà l'essentiel de l'histoire. J'ai souri à l'évocation de ce foret court de 8 qui aurait été si utile...<br /> <br /> L'aventure a l'air d'être loin d'être terminée, j'espère que Maël pourra vous rejoindre pour la suite...
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M
Génial, on croirait être avec vous !! Belle sortie et beau récit, digne d'un roman de Zola !
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