6 décembre, malheureux à Armeña, prétentieux à Fornos...
C'est pensant que la neige n'était pas tombée en quantité et qu'elle aurait fondu en versant Sud que le raid éclair visait le dernier relevé des instruments du Llenero. Après une nuit bien fraîche (2 duvets !) dans le Partner au "parking du bas", l'ascension débute bien avant le jour. Pas si fondu que ça la neige... Les traces successives et nombreuses depuis la chute étaient transformées en rigoles verglacées dans les passages exposés où il était obligatoire de les emprunter, il y en a trois de la sorte que l’on franchit en sifflotant l’été. En longeant le lac, deux chutes lourdes, de tout son poids, sans avoir le temps de parer mais heureusement sans conséquences, interpellent… « J’aurais dû prendre les guêtres et les deux bâtons, quel c… »
Au refuge, le jour tardif pointe timidement. La neige est plus présente. Rapidement les chaussures sont pleines de neige car la croûte de glace cède parfois, obligeant à des efforts important pour s’extraire des fondrières. Il faut se rendre à l’évidence, il n’est pas raisonnable de continuer seul, la retraite est amorcée pour un retour à neuf heure au point de départ.
Heureusement, un lever de soleil extraordinaire enflamme les falaises du cirque. C’est assez fréquent, mais il semble qu’il soit encore plus beau ce matin, avec un ciel insondable en arrière-plan.
Pour « rentabiliser » le trajet, le massif est contourné à vive allure (il y a très peu de radars en Espagne, les automobilistes ne sont pas moins fliqués par la Guardia Civil, mais moins matraqués par cette fiscalité sournoise et démagogique. Ainsi, Badain est atteint pour onze heures, une nouvelle fois le sentier interminable se découvre à chaque détour. Une petite heure après, la passerelle apparaît, enjambant un Irués en faible crue (0.30 m à la règle). Le relevé de la station hydrométrique est effectué, malgré le soleil vif, le froid et l’humidité de la nuit sont encore bien présents.
C’est au moment de continuer vers Graners que les efforts du matin sont ressentis... Les articulations douloureuses font craindre des faux pas risqués, la motivation a bien diminuée ! L’objectif est écourté, le véhicule rejoint après une nouvelle heure de marche.
Rassurez-vous, le bistrot de Parzan était ouvert pour se restaurer d’une « costillas con fritas y pimiento verde » arrosé d’une bonne bouteille de Somontano « Vignas del Vero »… Sieste obligatoire dès la sortie du bourg !

