Traçage au Bouridé
Ce matin, c’est l’effervescence au Bourridé. Le Berlingo de Stoche rempli à ras bord est déchargé de ses rouleaux de tuyaux, bidons et autres ustensiles bizarres dont seuls les utilisateurs connaissent l’usage…
Le tuyau en PEHD diamètre 40 est déroulé dans le champ entre l’Arize et l’entrée de la perte ouverte. Le froid du matin ne facilite pas la tâche, il est raide, têtu et nous avons pas mal de peine à lui imposer notre itinéraire. Ce sont ensuite deux autres lignes qui sont déroulées de la même façon, mais en PEBD diamètre 32 cette fois. Directement plongés dans le ruisseau, les trois vide-caves sont connectés aux lignes, flotteurs de manque d’eau attachés en position haute.
Le groupe électrogène ronronne rapidement, après quelques hésitations sur la position démarrage-fonctionnement. Il est près de dix heures, le soleil passe la crête du Mont Sacon, les doigts deviennent moins gourds.
En bout des tuyaux, les jaugeages répétés donnent des débits de 1 l/s, 0.8 l/s et 1.9 l/s, soit un total de 3.7 l/s. Le débit naturel de la perte était auparavant négligeable, voire nul. Malgré cette brusque augmentation de débit, le boyau ensablé dans lequel l’eau se perd accepte le flot.
A trois reprises, une partie du pot d’un kilo de fluorescéine est déversé au fond du bidon de 60 l, puis le niveau d’eau est complété. Le déversement de la solution est toujours autant spectaculaire. Peu à peu la coloration disparaît, happée par le réseau souterrain que tous rêvons d’explorer…
Il est trop tôt pour casser la croûte, nous décidons d’aller voir la perte du ruisseau du Poumé, figurant parmi nos objectifs dans le programme de traçage «Entre Arize et Garonne». Le vallon du ruisseau du Poumé est magnifique avec cette parure automnale. Plus habitué aux ravins profonds d’Aragon ouvert vers la lumière du sud, je suis étonné par ce creux vigoureux fermé vers le soleil. La perte est bien active, certainement entre cinq et dix litres par seconde. Aux alentours, le pendage est changeant, souvent verticalisés mais des plis localisés sont visibles. Le Poumé souterrain doit rapidement descendre dans les entrailles du massif. Quelques dizaines de mètres plus loin, le ruisseau aérien ne coule plus. L’injection à la perte ne posera aucun problème, et figure parmi les projets immédiats après celui de Bourridé → Plan de Pouts.
Après le casse-croûte et sans s’octroyer une petite sieste au soleil, les pompes sont une à une retirées, précautionneusement pour ne pas désamorcer la conduite et pouvoir continuer l’alimentation par gravité. Le débit est bien sur moindre mais va être maintenue pendant tout le temps de l’expérience, soit 1.1 l/s. Le pré est débarrassé, le propriétaire, Monsieur Avezac, est prévenu de la présence de tuyaux pendants encore quelques jours.
Avant de rejoindre Plan de Pouts, nous faisons une halte vers Hount Nère pour accrocher un fluocapteur dans le Nistos, en amont donc du débouché de l’Arize. Stoche a manipulé les fluocapteurs, vu l’état de mes mains et vêtements, j’étais interdit de toute approche !
A Plan de Pouts, un essai sur le fluorimètres 632 et 376 équipés de batteries neuves est concluant, l’écriture sur les cartes est correcte. C’est impossible pour la carte du modèle 417, il est enlevé du ruisseau et ramené à l’atelier en attendant l’explication du fabriquant. Souhaitons que les deux restés en place restent opérationnels… Chat échaudé craint l’eau froide !
Mr Rumeau (Chiquet à Plan de Pouts) est avisé de l’injection et doit prélever les échantillons au quotidien jusqu’à vendredi, ensuite José (ou Jean, ils vont s’entendre) prendra la relève.







