Bories au taquet
Finalement une nouvelle amatrice d'obscurité m'accompagne ce jour aux Bories pour revoir enfin ce fameux siphon et y placer un enregistreur de niveau. Il faut aussi équiper le trou et on part bien chargé. La personne en question est Hélène Mathieu-Subias et elle a en projet de reprendre l'étude hydrologique du massif dans le cadre d'une thèse. Bien entendu c'est un projet auquel nous adhérons à 300 % et que nous soutiendrons de même. La collaboration a déjà commencé par une sortie peu facile. La cavité n'a pas été revue depuis plus de 20 ans. Il faut rééquiper les passages. Pas de problème pour le premier ressaut de 4 m. Ensuite on débouche dans une grande "faille" tapissée de boue, de sable et de débris végétaux apportés par les crues. Méconnaissable ! Il y a 2 voies de descente. Celle de gauche est à équiper corde mais l'accès est scabreux sur des dalles glissantes. Je me rabats sur la voie de droite faisable en théorie les mains dans les poches.
C'est quand même bien raide et comme en plus il y a de la boue et des débris partout il est plus raisonnable d'équiper. Après un premier plan incliné de 10m, arrivée sur un replat. Je continue d'équiper la descente mais 12 m plus bas ça pince, j'arrive à passer sur un côté mais je me retrouve un peu plus bas dans un petit réduit plein de sable. Revenu au redan je revais voir un passage sur la droite. Je reconnais la paroi sur laquelle coulait une petite arrivée d'eau la dernière fois que j'avais fait le trou (1986 ?), c'est d'ailleurs le seul endroit avec le siphon qui me dira quelque chose. On peut descendre en désescalade puis ça se rétrécit et il faut placer une autre corde pour négocier cette étroiture et la suite bien raide. En bas on continue de descendre dans une diaclase bien boueuse puis après un court passage horizontal on arrive dans une zone de blocs plus propres et on débouche enfin au-dessus du siphon. J'y croyais plus ! Miraculeusement l'eau est très claire et on ne voit pas de dépôts au fond. Par contre il y a un fil d'ariane, bizarre non ? On ne peut pas descendre, il manque un bout de corde. J'arrive quand même à descendre l'enregistreur lesté par un caillou au bout d'une dyneema et je l'accroche à une plaquette. Mission accomplie en espérant maintenant que l'appareil va fonctionner. J'irai le relever dans une semaine ou en aout et s'il a marché il faudra le remettre. Une plongée est envisageable même si l'acheminenment du matos sera pénible; la mise à l'eau devrait pouvoir se faire proprement.
Un grand merci à Hélène pour son aide précieuse en espérant que cela lui aura quand même redonné envie de renouer avec la spéléo, la prochaine fois on te réserve une cavité plus gratifiante.

