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Spéléo Corbières Minervois
Spéléo Corbières Minervois
  • Ce blog est un outil de communication et d'expression destiné aux membres et amis du Spéléo Corbières Minervois. Il contribue à rendre compte de nos sorties, à partager des émotions, à exprimer des sentiments et à coordonner les explorations.
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10 juin 2008

Retour à la case départ

Mauvais temps aidant – plongée de Fred Poggia reportée à l’aven Didier (Hérault) –, je me retrouve à l’aven de Castanviels en compagnie de P@trick le Jeune en ce samedi 7 juin.
Nous pénétrons dans l’aven en début d’après-midi. Les précipitations des semaines passées ont lessivé la roche et les cordes. Il y a à peine plus d’eau qu’à l’accoutumée.
Depuis la plateforme située à 35 m de hauteur, six mètres sous le sommet de l’escalade, j’examine la suite du vaste puits remontant dans un nuage de buée. J’aperçois une lucarne nichée à l’autre extrémité de l’obstacle, 15 m au-dessus de moi et à autant de distance. J’abandonne l’idée première d’effectuer une traversée horizontale pour aller chercher une rampe menant à la lucarne, lui préférant une traversée oblique remontante depuis le point terminal de l’escalade le long d’une paroi grumeleuse en dévers à l’aspect de peau d’éléphant.
Dès le départ, le travail promet d’être « caliente », le rocher s’avérant altéré sur 2 cm d’épaisseur. Il faut juste conserver le moral et éliminer l’épaisseur douteuse. De près, les aspérités cassent comme du verre et tombent dans le vide en sifflant. Ambiance…

apotresAu deux tiers de la traversée, ayant rejoint le fil d’une arête, je remarque une fissure de plafond pénétrable trois mètres au-dessus de moi. Elle semble rejoindre la lucarne distante de cinq mètres. Le dernier mètre pour l’atteindre est le plus délicat. C’est un surplomb bien pourri à son extrémité… qui éclate en blocs décimétrique aux premiers coups de marteau. Putain que c’est chaud ! Putain que c’est bon !
Je négocie le passage avec un flegme tout britannique me faisant cette réflexion : « Messieurs les rochers, tombez les premiers ! » Finalement, un dernier goujon a raison du merdier et dans un arrachement vertical incertain, je me retrouve en opposition dans la fracture. Je recouvre mes esprits avant de rejoindre en libre un élargissement concrétionné trois mètres plus loin en « revenant sur mes pas », me rapprochant du départ de la traversée. J’installe la treizième et dernière tige avant d’être réapprovisionné en ces petites pièces magiques. L’amarrage doublé, je peux enfin me débarrasser du nécessaire d’artif pour aller reconnaître la fissure.
Je n’arrive pas à décider mon camarade à me rejoindre. Il est trop impressionné par les chutes de pierre pour vouloir sortir du poncho sous lequel il se tient au chaud. Tans pis, je vais continuer seul… Trois mètres au-dessus, je trouve un nat permettant d’assurer le pas de sortie, avant de suivre la fissure vers l’amont. Dix mètres plus loin, ayant dépassé la lucarne, je prends pied sur une plateforme horizontale qui s’arrête brusquement sur un à-pic du fond duquel monte le crépitement d’une chute d’eau.

calcs Je viens d’atteindre la partie haute des puits d’entrée menant à la salle des Douze Apôtres. Intéressant pour la suite des travaux…
De retour à l’escalade, après que P@trick le Jeune ait récupéré les deux premières dégaines, je vais déséquiper celles proches du surplomb de sortie en rejoignant ce point pendu – sur un mètre – au rab de statique passé derrière une lame rocheuse qui provoque un frottement à faire dresser les cheveux sur la tête des plus blasés. L’exercice se faisant plein vide, je fais attention à rester longer à la corde d’escalade, tendue pour l’occasion, pour atteindre les amarrages. Je remonte en me faisant le plus léger possible pendant l’utilisation du morceau qui frotte. Il y a des fois où je rêve d’avoir des ailes...
Je récupère facilement les dernières dégaines depuis la corde d’équipement et retrouve la terre ferme après trois heures et demie de concentration maximum. Après avoir grignoté un morceau, la tension retombée, je suis envahi par une fatigue immense. La descente de trip est toujours difficile, c’est bien connu !
P@trick embarque la quasi-totalité du matériel à ressortir et file vers la surface. Je le suis à petite vitesse, me servant une fois n’est pas coutume du moindre bout de nouille en place pour franchir les obstacles verticaux.
Envoyé par Patrick Géa le 10/06/2008

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