Départ sous la pluie de la Barousse après le relevé au Poudac, au débouché du tunnel de Vielha, le ciel est beaucoup plus clair, au moment de fermer les yeux dans la Partner, quelques étoiles se risquent même à scintiller.
Au très petit matin, avec mon collègue Catalan Juan Sanchez, nous progressons vers Armeña. Le ciel est nébuleux mais rien à voir avec le gris.
En janvier, accompagné de Madé et Stoche, nous avions tenté une visite de maintenance bien mal choisie, au cœur d’une tempête avec des vents à plus de 100 km/h, des températures mesurées à -4°C (ressenties ?). Du coup, avec nos doigts engourdi, un fil du pluviomètre avait été arraché et si mal réparé qu’il n’y avait aucun espoir d’avoir les enregistrements de printemps.
C’est un hurlement de joie répercuté par les parois du circo qui a accompagné la « montée » des données ! Malgré le « bricolage » peu conventionnel, l’enregistreur a fonctionné. Et comment ! L’aboutissement de 4 années de recherches, de mises au point de systèmes peu conventionnels (car économiques), grâce aux efforts de volontaires enrôlés se demandant le pourquoi de la chose, l’intégralité des impulsions du «pluvio-nivomètre du Llenero » se chargeait. La preuve tant attendue est maintenant acquise. Madé avait raison, pour minimiser ma déception, elle avait dit : « tu n’es même pas sûr que ça ne fonctionnera pas ! ». C’est un peu obscur tout ça, mais pour le blog, on ne peut pas trop détailler. Il faut maintenant exploiter puis rendre compte.
C’est donc le pas léger, sautillant, que les grands névés gravis péniblement le matin même sont descendus en sifflotant.
Le massif est contourné via Ainsa pour arriver vers 20h au refuge de Lavasar, méconnaissable depuis la mise en état de la piste. Des vététistes dans tous les sens, des dizaines de chiens qui se disputent, des femmes et filles parfumées au point de faire tourner la tête aux faux-bourdons (faux dans tous les sens)… Qu’a-t-on fait de NOTRE cabane ? Un témoignage certainement indélébile de la destruction humaine. Bon passons, hélas…
On est descendu de quelques boucles de chemin pour retrouver un  peu de quiétude et passer la nuit dans les voitures.
Au petit matin (pas très petit, 7h n’est pas un exploit) en marche pour Monticiello. Le paysage est vraiment fabuleux avec le lever de soleil, les nombreux isards ne sont même pas surpris de nous voir. Assez rapidement, nous trouvons l’emplacement du prochain pluvio-thermomètre « Monticiello », quelques mesures sont prises, le mât et le plateau support sont laissés sur place. Sur le versant Est du relief, la neige est encore bien présente, un imposant névé masque entièrement le pied de paroi où s’ouvre le C35. La reconnaissance de cette cavité, la topographie seront pour dans quelques jours.
Vers 10h nous étions de retour aux voitures, les élections nous ont forcé la main pour rentrer précipitamment (non sans la costilla con pimiento verde) à Parzan. Hasta pronto.

Le Circo de Armeña, encore encombré par d'épais névés de neige...molle ! (Cliché juan Sanchez.

Maintenance des instruments après une saison d'hiver où le minimum de -13°C a été atteint cette année. (Ph. Juan Sanchez)

Le site où le pluvio-thermomètre Monticiello sera installé dans quelques jours a été repéré (Ph. Juan Sanchez)