Samedi 21 juillet 2018

Samedi matin à 9h00, nous nous retrouvons à 19 personnes pour 12 kits de plongée, 3 kits de bivouac, 1 kit photo et 3 kits de câble ! 10h00, tout le monde rentre dans le trou bien chargé pour acheminer tout ça jusqu’au siphon. 
11h30 nous arrivons au siphon, avec Yvan nous préparons notre matériel avant de manger 1 petit kilo de pates aux crevettes préparées amoureusement par Cynthia.
13h45 on part avec tout notre bazar soit un recycleur, un propulseur et 2 bouteilles (environ 70kg de ferraille). Tout se déroule comme prévu en prenant un super plaisir dans les siphons avec 30m de visi et quelques milliers de lumens sur le casque ; le pied !

Guillaume S2

Yvan scooter

A la sortie du S3, il est 16h00, on pose les scooters et on part avec les recycleurs sur le dos vers le S4. Les choses se compliquent, on se perd une première fois, on loupe un passage et retombons sur nos pas comme le jour de la première. Là, nous prenons un premier coup de chaud dans la combi étanche avec le baby gros fait pour rester des heures dans de l’eau à 10°C, on pose les recycleurs, on se pose, on mange une barre, puis on va chercher le bon passage à vide. Le cheminement est vite retrouvé 50m en arrière on reconnait le ressaut sur lequel nous nous étions dit il y a deux ans qu’il faudrait installer quelque chose pour se faire passer le matériel. On retourne chercher le matériel et un ordinateur laissé on ne sait où et qui sera retrouvé dans une palme... On passe non sans mal le premier ressaut et sa descente sur le cul. On continue avec le recycleur sur le dos, on croit reconnaitre le passage puis 50m plus loin, on est à nouveau bloqué par une étroiture. On repose les recycleurs, je passe l’étroiture et reconnait le chemin par un autre passage. On retourne en arrière chacun de notre côté en communiquant pour retrouver le bon passage 50m plus loin. On se repose, re coup de chaud, re barre, … On a le sentiment qu’on est sur le bon chemin et pour changer, on décide d’aller chercher les bouteilles parce que c’est moins lourd ! Nous sommes vite au siphon 3, on récupère une 10L chacun pour aller par le bon chemin jusqu’au S4.

Yvan S2

On pose les bouteilles, la vue du siphon vierge nous remotive et nous retournons chercher les recycleurs. Les recycleurs passeront non sans mal par l’étroiture et à 19h00, après 2 ans d’attente, nous partons dans le S4.

Ce siphon est vite avalé, 30m plus loin nous sommes au point bas à -8 dans une galerie de 5m de large par 4m de haut où nous voyons les risées à la surface, 20m plus loin nous sortons du siphon 4. L’actif est retrouvé mais pour une courte durée puisque nous sommes dans la rivière et 15m plus loin nous perdons l’actif qui sort sous pression. Là, derrière un éperon rocheux nous arrivons devant la profonde vasque du S5.

Nous partons dans le S5 et nous descendons un P30 de 5m de diamètre. A la base du puis on retrouve un sol de graviers, on fait le tour, une partie du puit est resté claire et a chassé la touille qui est descendue avec nous. La suite est là, au-dessus d’un bloc de 3m de haut et de la largeur de la galerie laissant un passage d’un mètre entre la voute et le sommet du bloc. Ce bloc franchi, nous nous retrouvons dans la galerie de 6 x 4m que nous suivons pendant 110m dans ces mêmes proportions avec un passage à -33 puis elle remonte en pente douce pour sortir dans un grand lac, 210m après le départ du S5. Ce lac fait 15m de long avec un fond à -3. Le plafond est 10 à 15m au-dessus de nos têtes et sur un coté du lac, nous voyons un départ, le premier aussi conséquent depuis le début de la rivière mais qui se trouve 20m au-dessus du lac sur un énorme talus d’argile et qui laisserai place à une galerie de 4 x 2m. Mais la suite n’est pas là, au fond du lac une voute laisse entrevoir un départ de galerie de 2 x 2m avec des traces d’écoulement à -6m de profondeur qui s’élargit rapidement, on tire encore 25m de fil à -6 la suite est bien là, ça semble remonter 10 – 20m plus loin à perte de phare ça fait mal au coeur de laisser un si beau terminus mais il faut se rendre à l’évidence. Ça fait 35min que nous sommes partis dans le S5, Yvan n’a plus trop de diluant, j’ai perdu les données sur un de mes afficheurs de recycleur, nous avons froid, il est temps de faire demi-tour.
Depuis la sortie du lac nous faisons la topo et après 50min de plongée dans le S5, nous ressortons de l’eau. On poursuit la topo dans le S4 que nous sortons à 20h15. Nous ré acheminons les recycleurs vers le S3 sans nous perdre et au bon rythme (on en chie quand même). Retour au S4 pour récupérer les bouteilles et en faisant la topo du cheminement principal en laissant une cinquantaine de mètres où nous avions re bouclé sur nos pas. On récupère les bouteilles, on mange une barre, la fatigue commence à bien se faire sentir.
Retour au S3, il est 23h00 et on décide de ressortir tout le matériel laissé entre les siphons car nous ne reviendrons pas cette année. C’est donc avec 15kg de plus à tracter que nous re parcourrons les S3 et S2. Même au radar, ça reste un pied total ! entre S2 et S1, il est minuit 30, et au lieu de faire 2 ou 3 aller-retour, on débranche le cerveau et on passe avec tout le matériel sur le dos. Ce n’était pas une bonne idée, car autant pour Yvan que pour moi, nos machines ont un peu pris l’eau.
Nous retrouvons la surface du premier siphon à 1h30 du matin, soulagés que ça s’arrête où nous attendent Michel, Frédo et Yannick. 2h00 du matin, nous sommes changés et au sec dans le point chaud. Pendant ce temps les copains ont finalisé l’installation du bivouac, fait des photos et tiré trois Km de ligne téléphonique ! Nous pouvons donc donner des nouvelles à la surface à Annick, Aurélie et Rémi qui dorment à côté du généphone pour relayer l’info au camping où le reste de l’équipe dort aussi. Un kilo de cassoulet, une bouteille de jurançon une bouteille de rouge et l’intégrale de dire straits plus tard, nous allons au lit bien serrés les uns contre les autres.
Après une petite nuit de sommeil, réveil à 8h30 pour reconditionner les kits et les 9 copains commencent à arriver. À 11h00 les premiers kits ressortent du trou. A 13h30 tout le monde est dehors.
Pour cette sortie, 300m de première, 450m de topo. Le terminus de la rivière amont se trouve à 1.9km du départ du S1. La suite sera pour l’année prochaine et il y en aura certainement pour de nombreuses années et les générations futures. Merci à toute l’équipe qui a permis de faire avancer ce projet, en portant des bouteilles, participant à l’organisation, pour ameuter des gens, pour installer un bivouac, pour installer la com, pour organiser les nuits au camping, manger, boire un coup ensemble, …
L'exploration d'En Gorner est un projet très fédérateur. Nous en sommes à cinq jours de sorties. Au total l'exploration a sollicité, pour la logistique 37 personnes différentes. Cela représente 536 heures cumulées passées sous terre, et 292 kilomètres, cumulés de portage.

Les 37 sans qui rien n’est possible en 2018 :

Fréderic ARAGON, Christophe BES, Anaïs BOULAY, Patrick BOUTIN, Charlie BROSSE, Denis CLUA, Christian DEIT, Sébastien DEMEAUTIS, Lola DEPRAUW, Yannick DEPRAUW, Christophe DEZ, Yvan DRICOT, Marie ESCUDIE, Jean Michel FERRANDEZ, Michel FONT, Alain FOURNET, Yannick GENNOUEL, Franck GENTILI, Christian GIRAUD, Yves GRALL, David GUILLEMET, Sébastien HENRION, Christophe LECORVEC, Bastien MARQUES, Luc MARROU, Maryse PACCIANUS, Denis PARIS, Remi RICHARD, Aloïs ROBERT, Michel RUIZ, Jeremy SASTRE, Aurèlie SAURY, Tony SUIRE, Violette THERY, Annick TIXIER, Guillaume TIXIER, Remi VARILLA, Fréderic VERLAGUET, Thomas ZETTWOOG.

Merci également à Clément TRABUT-CUSSAC de la société Clapes, pour le don des 4000 m de câble pour les généphones, aux conseillers techniques du spéléo secours 66, à Jérôme DURBET pour l’accueil du véhicule de communication, Alain FOURNET pour le prêt du scooter, Franck GENTILI pour la GoPro, la CNPS, le CODEP 66, le CDS 11 et la mairie de RIA pour les autorisations.