31 août et 1er septembre, notre rentrée à nous…

Le carnet de rendez-vous de Monsieur Christophe Bes est surchargé... Le raid pour déplacer le pluvio-nivomètre de SOL du Llenero vers son nouvel emplacement a été programmé en dernière minute.

Nous sommes arrivés au refuge d’Armeña en début d’après-midi de mercredi 31. De fréquentes nappes de brume nous ont protégé de la forte chaleur. Mais dans le Circo, l’herbe est paille. Les vaches ont déserté les prairies jaunies, la fuente de Riancès est complètement tarie. Il faut descendre dans le barranco pour trouver un faible écoulement en rive droite. Sa provenance est inconnue, il vaut mieux faire bouillir ! De plus, un surdoué a coupé un morceau d’un mètre du tuyau, en plein au milieu du parcours, pour pouvoir remplir les gourdes... Certainement le même qui a fait ses besoins sur le gros bloc plat en bordure du refuge, en élevant un cairn pour entrer dans l’immortalité... On rencontre de plus en plus souvent n’importe qui en montagne !  S’il ne pleut pas beaucoup avant le camp de septembre, Roger, Lionel et leurs collègues devront penser à cette difficulté supplémentaire. Si par contre la sécheresse cessait, il faudra un mètre de tuyau polyéthylène en 19x25 et 2 manchons pour remettre l’installation en service. Et une bonne dose de patience pour tout réamorcer.

Arrivés sur le site pressenti pour recevoir le pluvio-nivomètre (entrevu lors d’un raid le 6 août), l’aménagement a commencé. Comme nous le craignions, quelques cm de terre masquaient des strates de roche bien plus compacte... Au burin-marteau puis avec l’aide du foret de 8 mm, nous avons longuement parlementé. Au bout de trois heures d’effort de macro-chirurgie, l’excavation pour le bac rétenteur prenait forme. Mais l’heure avançant et la fatigue pointant, le chantier est abandonné jusqu’au lendemain.

La nuit est calme au refuge, même pas étoilée (de ce que nous en avons vu !). Car sitôt les pâtes au roquefort avalées, c’est le plongeon vers le repos. Stoche tentera avec succès de briser le silence par des séances d’apnée dont il ressuscitera dans un grand fracas audible jusqu’aux crêtes d’Armeña !

Le temps est au beau fixe le lendemain matin, la montée vers le chantier se fait dans une lumière d’or. Les levers de soleil sont toujours magiques sur ce versant, autant que le sont les couchers sur l’Ereta... Le travail commence par le démontage de la station sol du Llenero et le déchargement des données des quatre enregistreurs.

Au pluviomètre AIR, cette fois c’est une pelote de déjection d’un petit prédateur qui obstrue l’entonnoir... Je l’avais aperçu lors de notre approche, un tout petit rapace diurne fuyant à notre vue. Tout autour du mât et dans le collecteur, les fientes d’un petit oiseau également... Notre station sert souvent de perchoir !

En inversant le collecteur SOL avec celui d’AIR, des trous tout autour de l’entonnoir permettent de placer des tiges métalliques interdisant l’atterrissage. En quelques minutes, nous réservons une mauvaise surprise aux volatiles divers devenus indésirable sur notre instrument.

L’installation de bac collecteur-rétenteur en zinc à son nouvel emplacement est plus longue que prévue. Si longue que la chaleur de midi nous surprend sans avoir terminé. D’un commun accord, nous préférons soigner cette phase et reporter à un autre raid l’installation du pluviomètre dans la niche inférieure.

Vers 15 heures, l’abandon du chantier est déclaré. Les outils le permettant sont laissés sur place, pour la scène 2... La suite pour bientôt.

Sous quelques cm de terre, la roche bien compacte

Mais à force de parlementer, l'excavation prend forme

saluée par un grand coup de trompe

Le bac collecteur rétenteur est en place, définitivement

La niche qui recevra prochainement le pluviomètre enregistreur