Depuis samedi dernier, une équipe de 5 spéléos (Luc, Olivier, Philippe, Renaud et moi) bivouaquaient sur les Hauts Plateaux du Vercors au-dessus de Villard-de-Lans en vue de la visite du Scialet du Blizzard. C'est un de ces quelques avens qui permettent d'atteindre le collecteur de cette partie du Vercors.

A l'extérieur, paysage magnifique au milieu d'un synclinal avec toute la panoplie des reliefs karstiques : lapiaz déchiquetés, dolines profondes et scialets tous les 50 m. Le bivouac a été installé au fond du synclinal sur une prairie au milieu de quelques pins crochets, gentiane, verâtre, pulsatille, campanule et lys martagon. On ne peut se balader autour sans croiser des troupeaux de chamois, de bouquetins et chevreuils, ni se faire siffler tous les 100 m par les marmottes.

L'accès est facilité par les équipements de la station de ski de Villard. Heureusement car, outre les sacs persos bien lourds, on devaient transporter 3 gros sacs de bouffe, 50 l d'eau, 5 l de rouge et 11 kits contenant les 1000 m de corde et la grosse centaine d'amarrages. Tout ça rentre dans 3 télécabines et après quelques portages, nous sommes installés pour quelques temps.

Le trou a été visité en 3 jours. On commence en douceur avec l'équipement jusqu'à -350 le premier jour. Le deuxième jour, on a continué l'équipement jusqu'à -550 (base des puits), puis exploré la rivière en néoprène jusqu'à environ -600 et enfin déséquipé jusqu'à -250. La sortie du troisième jour a été bouclé rapidement avec la fin du déséquipement.

Même si le trou est froid (6°C) pour les spéléos méridionaux que nous sommes, il vraiment très beau. Grands puits, méandres confortables, pas d'argile et les puits sont peu arrosés quand le temps est dégagé. La rivière est à rêver alternant des fonds graveleux peu profonds et des parties encaissées avec de grosses marmites. La progression est aquatique avec de l'eau jusqu'à mi-cuisse (pour les grands...). La rivière se perd sur un des côtés de la galerie et est retrouvée un peu plus loin après la jonction avec une autre cavité du secteur, le Scialet des Brumes Matinales. On s'est arrêté en haut d'un P30 dans une zone très broyée.

Le dernier jour, on est allé au sommet de la Grande Moucherolle à presque 2200 m. La fin de la rando se fait en quasi-escalade avec un super panorama sur les Alpes. Ensuite, redescente sur le camp et portage retour jusqu'aux télécabines. Une dernière bière et retour à la civilisation. Pas de photos mais rien ne vous empêche d'aller y faire un tour pour voir par vous-mêmes...

Source: Externe